PROJETS EN COURS

DNA Barcoding et harpes d'Afrique centraleUne nouvelle méthode d’identification des bois des instruments de musique

Les harpes d’Afrique centrale, présentes sous des formes historiques dans les collections muséales, témoignent d’une grande diversité de caractéristiques morphologiques et acoustiques, de matériaux utilisés, de répertoires et de leurs appellations. Mais de nombreuses inconnues demeurent, stimulant l’intérêt des scientifiques.

Le projet vise à identifier les matériaux ligneux entrant dans leur construction, grâce à l’analyse par DNA barcoding. Il s’agit d’une méthode taxonomique qui utilise un ou plusieurs marqueurs génétiques de l’ADN d’un organisme, pour identifier son appartenance à une espèce. Cette technique commence à être employée en ethnobotanique, par exemple pour l’identification des produits végétaux vendus sur les marchés ou dans le cadre de projets de protection et de valorisation des collections. En revanche, elle n’a encore jamais été utilisée pour déterminer les essences utilisées pour la construction d’instrument de musique.

Des résultats attendus aux multiples ramifications

Ce projet, mené sur des harpes du Musée de la Musique, est inédit. Son objectif est double : il s’agit d’améliorer leurs conditions de conservation et de restauration et de valoriser cette collection en l’inscrivant plus précisément dans le champ des savoirs sur l’exploitation des écosystèmes par les populations locales. L’analyse par DNA barcoding ouvre un vaste champ d’opportunités, comme l’étude de la diversité et de la variabilité des arbres utilisés dans la zone de recherche, pour observer une éventuelle adaptabilité en fonction de l’écosystème en présence ; ou encore la recherche de correspondance entre les classifications endogènes des plantes et la classification scientifique, pour revoir une nomenclature qui sert de référence depuis plusieurs décennies.

Les résultats obtenus seront, dans un second temps, couplés à des données acoustiques, et permettront d’enrichir les bases de données existantes sur la diversité biologique. Menée en collaboration avec le Musée de la Musique, cette étude devrait ensuite concerner les harpes du Musée de Tervuren, une fois que le protocole aura fait ses preuves.

Équipe du projet 

  • Sylvie Le Bomin, ethnomusicologue (équipe Divec, MNHN)
  • Stéphane Vaiedelich, chercheur (Musée de la musique, Cité de la musique-Philharmonie de Paris)
  • José Utge Buil, ingénieur d’étude (MNHN)

Partenaires 

Africa Museum à Tervuren (Bruxelles)

  

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